Les espèces animales et végétales dans leur milieu naturel et les animaux ou végéteaux disparus ou en voie d'extinction...

dimanche, juillet 23, 2006

Le tambalacoque



Tambalacoque Sideroxylon grandiflorum

Endémique de l'île Maurice, le tambalacoque (Sideroxylon grandiflorum) est un arbre d'une grande longévité de la famille des Sapotacées dont les graines ne peuvent germer qu'après ingestion par un oiseau. Son nom scientifique a longtemps été Calvaria major.
En , on a établi que l'espèce était en voie de disparition. Il ne restait alors que 13 spécimens, tous âgés de 300 ans. Face à cet état de fait, le professeur américain Stanley Temple défendit l'explication selon laquelle seule l'ingestion des graines du tambalacoque par le ddodo de l'île Maurice, disparu au XVII siècle, pouvait permettre leur germination.
Il fut par la suite démontré qu'on pouvait parvenir au même résultat en les faisant manger par des dindons américains. Si ceux-ci ne sont guère intéressés par les fruits du tambalacoque, ils sont bel et bien tentés par les graines. Ces dernières germent après être passées dans leur gésier.
Par ailleurs, la nécessaire intervention du dodo dans le processus naturel de germination a été contestée, certains auteurs estimant que la prétendue disparition de l'arbre avait été exagérée, d'autres suggérant que plusieurs tortues, pteropodidés ou perroquets indigènes disparus (tiens eux aussi) participaient auparavant à la dispersion des graines.
Experts du milieu naturel mascarin, Strahm et Cheke ont surtout établi que si les tambalacoques sont effectivement plutôt rares, de nombreux spécimens ont poussé depuis la disparition du dodo, pas seulement treize. La raréfaction de l'arbre pourrait être due à la concurrence avec les autres plantes et à l'introduction de cochons sauvages et de singes dans l'île.
En tout cas, des techniques manuelles permettent depuis lors d'obtenir la germination des graines du tambalacoque. L'espèce est donc sauve, même si les nouveaux spécimens n'ont pas encore donné de graines...
Voici un article publié dans lexpress:
PLUS que centenaire, le “tambalacoque”, est unique dans le village de Petit-Raffray, voire de la région, expliquent des habitants du village. C’est ainsi qu’ils veulent à tout prix préserver le “sideroxylon Grantdislorum” qui est en voie de disparition. John Maurimootoo, de la Mauritius Wildlife Society, a souligné qu’il n’existe que quelques arbres sur la côte Ouest (dans la région de Rivière-Noire). Ces arbres sont très résistants aux cyclones et celui de Petit-Raffray en a d’ailleurs vécu plusieurs. Selon John Maurimootoo, le “tambalacoque” est associé au dodo. C’est à travers son excrément, que la plante germe, explique-t-il. Ainsi, avec l’extinction du dodo, le “tambalacoque” a également disparu. A Petit-Raffray, plusieurs légendes sont associées à cet arbre. La peur s’installe chez certaines personnes dès qu’un attroupement se forme non loin de l’arbre pour des “services”. De plus, de temps en temps, les signaux des bateaux venant de Grand-Baie se reflètent sur l’arbre. Là, c’est le démon habitant le “tambalacoque” qui se manifeste !