Les espèces animales et végétales dans leur milieu naturel et les animaux ou végéteaux disparus ou en voie d'extinction...

lundi, juillet 24, 2006

La tortue Luth

Alimentation: La principale raison pour laquelle la tortue luth migre vers le nord est pour se nourrir de méduses, sa principale proie. La tortue luth se nourrit aussi d’autres organismes à corps mou, comme des salpes. Les salpes sont des invertébrés marins à corps transparent et gélatineux en forme de tonneau qui flottent au gré des courants. Comme toutes les autres tortues, la tortue luth est dépourvue de dents. Elle possède cependant deux cuspides, ou parties pointues, une en haut et une en bas, lui permettant d’attraper ses proies. Des épines pointues orientées vers l’arrière tapissent son œsophage, ou gosier, dans le but de lui aider à se nourrir. Selon les scientifiques, ces épines aident la tortue luth à retenir les méduses capturées et à les déchiqueter alors que ces dernières sont refoulées vers l’estomac.

Reproduction et naissance: Comme c’est le cas pour presque tous les reptiles, la tortue luth provient d’œufs pondus sur la terre. Elle favorise les plages de l’île de la Trinité, de la Guyane française, du Surinam, de l’île Sainte Croix et des îles Vierges américaines, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Mexique, de la côte pacifique du Costa Rica, d’Irian Jaya et du Gabon pour nicher. Elle ne niche pas au Canada, alors qu’aux États-Unis, elle niche en Floride et, à l’occasion, en Géorgie. Les tortues ne viennent sur la terre que pour pondre, et les femelles sont les seules à nicher. Les mâles n’y reviennent jamais après leur naissance. L’accouplement se passe en mer. La tortue luth pond tous les deux ou trois ans. Dans l’Atlantique, les pontes ont lieu de mars à juillet, à intervalles d’environ dix jours, et se répètent en moyenne six fois au cours de la saison, alors que dans le Pacifique, les pontes ont lieu de septembre à mars et se répéteraient moins de cinq fois. Pour pondre leurs œufs, presque toutes les femelles reviennent à leur plage de naissance. Prête à pondre, un processus qui dure entre une heure et demie et deux heures, la femelle se traîne sur le rivage, habituellement au milieu de la nuit. Sa difficulté à se déplacer sur terre est proportionnelle à son agilité dans l’eau. Elle se hisse lentement vers la plage à l’aide de ses nageoires antérieures, ne s’arrêtant que lorsqu’elle trouve un endroit qui lui semble adéquat pour creuser un nid. Il arrive souvent qu’une tortue construise son nid à un endroit qui sera recouvert à marée haute, ce qui entraîne la mort de nombreux œufs.
La construction du nid commence par le balayage de l’emplacement choisi de sorte à ce que la tortue puisse s’y loger. Elle creuse ensuite, à l’aide de ses nageoires postérieures, une dépression profonde pour les oeufs, habituellement aussi profonde que la longueur des nageoires postérieures. Une fois le nid creusé, elle pond ses oeufs, ceux-ci étant de la grosseur approximative de balles de billard et recouverts d’une coquille caoutchouteuse, si bien qu’ils s’amassent dans le nid, les uns par-dessus les autres, sans se casser. La tortue luth pond de 60 à 90 oeufs fertiles qui sont recouverts de plusieurs œufs infertiles. Certains scientifiques croient que ces oeufs « factices» aident à prévenir l’ensablement des œufs fertiles, ce qui permet à l’oxygène de circuler autour de ces derniers. Après avoir évacué tous ses oeufs, elle couvre le nid de sable et tasse ce dernier à l’aide de ses nageoires postérieures. Elle brouille ensuite l’emplacement en effectuant des mouvements de balayage à l’aide de ses nageoires antérieures avant de se diriger vers la mer. Même si elle réussit à camoufler son nid, elle trace avec son corps et ses nageoires antérieures une piste inévitable du lieu de ponte jusqu’à la mer. Les oeufs éclosent de 60 à 65 jours environ après la ponte. Les nouveau-nés restent enfouis dans le sable pour un certain temps après l’éclosion, le niveau d’oxygène y étant suffisant pour assurer leur survie. Ils commencent leur ascension vers la surface en se bousculant pour déloger le sable du plafond et des parois du nid qui, en se déposant sur le fond, les force lentement vers la surface.
Ils émergent habituellement du nid avant l’aube. Les jeunes tortues mesurent typiquement de 5,1 à 6,8 cm de longueur. Elles sont noires, et les crêtes sur leur carapace sont clairement bordées de blanc. Après être sortis du nid, les nouveau-nés cherchent le point le plus brillant de l’horizon, qui est normalement la mer reflétant la lumière du ciel. La descente vers la mer est dangereuse. Sur la plage, ils sont des proies faciles pour les ocypodés, les goélands et mouettes, les corneilles, les vautours, les faucons et les coatis (un mammifère de l’Amérique du Sud ressemblant au raton-laveur). Si leur nid est situé sur une plage ayant une zone exploitée ou à proximité d’une zone exploitée, telle qu’un centre de villégiature, ils peuvent découvrir que le point le plus brillant de l’horizon n’est pas la mer, mais plutôt la lumière provenant de cet endroit. Désorientés, ils s’éloignent de la mer plutôt que vers celle-ci, ce qui augmente les risque de prédation et de déshydratation avant qu’ils n’atteignent la mer. Après avoir atteint l’eau, les jeunes tortues sont la proie des pieuvres, des requins et d’autres gros poissons. Où vont les tortues entre l’entrée en mer des jeunes et le retour des femelles aux plages de nidification? Voilà un autre mystère! Non seulement est-il extrêmement rare de voir des juvéniles, mais la biologie, la répartition et les habitudes des jeunes tortues sont méconnues. De récentes recherches suggèrent toutefois que les nouveau-nés restent en eaux tropicales jusqu’à ce que leur carapace mesure un mètre de longueur.
Pour plus de renseignements sur la tortue Luth: ici.